Méthode de Compensation
Fonctionnelle
Kevin Provenzani – Ostéopathe D.O. & Apnéiste
Une approche structurée en trois phases
La compensation tubaire est un mécanisme neuro-musculaire fin reposant sur la coordination précise de plusieurs structures : langue, voile du palais, muscles péristaphylins et pression intra-buccale.
En l’absence de pathologie ORL, les difficultés observées relèvent le plus souvent d’un déséquilibre fonctionnel ou d’un schéma moteur inadapté.
La Méthode de Compensation Fonctionnelle s’organise en trois phases successives et complémentaires.
Phase 1 — Diagnostic fonctionnel précis
Cette première phase vise à objectiver le mécanisme réellement utilisé.
Il ne s’agit pas de demander “quelle technique utilisez-vous ?”,
mais d’observer ce qui est effectivement produit.
L’évaluation comprend :
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l’analyse du type de compensation (Valsalva, Frenzel, BTV ou variantes hybrides),
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l’observation du comportement du voile du palais,
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l’identification des compensations parasites (contractions cervicales, poussées abdominales excessives),
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l’évaluation de la dissociation pression / fermeture vélopharyngée,
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l’analyse d’éventuelles asymétries fonctionnelles.
L’objectif est de déterminer précisément le point de rupture du mécanisme.
Phase 2 — Réorganisation
et correction motrice
Une fois le schéma identifié, le travail consiste à réorganiser le mécanisme.
Cette phase comprend :
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la différenciation des actions linguales et vélaires,
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la correction du positionnement lingual,
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l’apprentissage d’une production de pression contrôlée,
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la restauration d’une ouverture tubaire efficace et non forcée,
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la réduction des stratégies compensatoires inefficaces.
Le travail repose sur des exercices ciblés, progressifs et reproductibles.
Il s’agit d’une reprogrammation neuromotrice, et non d’un simple ajustement technique.
Phase 3 — Intégration
et stabilisation fonctionnelle
Un mécanisme corrigé doit être stabilisé.
Cette phase vise à :
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vérifier la reproductibilité du geste,
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consolider la coordination sous contrainte respiratoire,
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intégrer le mécanisme dans un contexte proche de l’immersion,
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mettre en place un protocole personnalisé à poursuivre à domicile.
L’objectif final est l’autonomie.
La compensation ne doit plus dépendre d’un contexte favorable ou d’un facteur aléatoire.
Place de l’intervention manuelle
Une intervention ostéopathique ciblée peut être indiquée si une restriction mécanique interfère avec la fonction (charnière cranio-cervicale, plancher buccal, tensions péri-tubaires).
Elle n’est ni systématique ni centrale dans la méthode.
Le cœur de l’approche reste fonctionnel.